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Les drones au service de la santé. | Dronly
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Les drones au service de la santé.

Les drones au service de la santé.

Les drones sont partout !

Au cinéma, dans les séries TV, dans les publicités… ou lors d’événements pour réaliser des plans sensationnels. Ils sont utilisés par de nombreux secteurs d’activités et par des professionnels, pour de la cartographie, de la thermographie, de l’inspection…

Le grand public a même été conquis par leurs usages et leurs possibilités. Les drones livrent même des colis… ou presque 🙂 !

Bref, impossible d’être exhaustif…

Et si le drone était en passe de devenir un allié de choix dans le domaine de la santé ?

Voici en l’occurrence des exemples concrets d’applications.

Le drone « sauveteur en mer ».

Les sauveteurs de Biscarosse ont un coéquipier d’un nouveau genre : Helper, un drone qui peut automatiquement intervenir, en moins d’une minute, auprès d’une personne en détresse en mer. Le sauveteur utilise un système spécifique de cartographie pour diriger le drone et une caméra embarquée pour ajuster la position. Le drone accède à la victime en empruntant un couloir d’accès à la mer afin de ne survoler personne, réglementation oblige !

Quand on sait que les premières minutes de détresse sont déterminantes pour le pronostic vital, on comprend vite l’intérêt d’une telle solution qui a déjà sauvé des vies depuis sa mise en place qui date déjà de plus de 2 ans.

Le drone Helper est aussi prévu pour réaliser des  interventions en urgence sur des plateformes offshore.

À terme il pourrait embarquer d’autres équipements comme une caméra thermique, des hauts parleurs pour rassurer la victime ou être capable de livrer du matériel de premiers secours.

Le drone « défibrillateur ».

Lors d’un problème voir d’un arrêt cardiaque, la rapidité de prise en charge est fondamentale. L’usage d’un drone se révèle donc idoine pour un service d’urgence qui peut envoyer immédiatement un drone auprès d’une victime en situation d’urgence vitale.

Un jeune étudiant belge, Alec Molmont, a inventé, au sein d’une université hollandaise, un drone-ambulance baptisé Delft, pliable et portable, capable d’emporter du matériel médical d’urgence, comme un défibrillateur. Ce drone est capable d’arriver en 1 minute sur les lieux d’un accident, ce qui permet d’augmenter les chances de survie d’une victime d’arrêt cardiaque.

D’autres dispositifs qu’un défibrillateur pourraient également être embarqués par ce drone-ambulance.

Le transport médical.

Depuis quelques années, plusieurs expérimentations de transport médical ont déjà été effectuées, dans le monde, en utilisant des drones.

Ces transports sont aujourd’hui effectués par la route avec tout ce que cela implique comme difficultés de circulation et contraintes de temps. Un drone représente donc de gros avantages.

Tour d’horizon de plusieurs expérimentations et utilisations dans le monde…

En Belgique, plusieurs acteurs de la santé se sont regroupés pour, à terme, proposer un transport médical par drone, avec des premiers tests de vols prévus l’an prochain au-dessus d’Anvers. Les drones seront notamment chargés de transporter des médicaments ou des échantillons entre deux hôpitaux.

Depuis octobre 2016, au Rwanda, sur une base de livraison par drone, des lots de sang sont acheminés dans plusieurs hôpitaux du sud et de l’ouest du pays, grâce à des drones supportant une charge de 1,5 kg, qui embarquent une boîte en carton équipée d’un parachute et qui ont une autonomie de 150 kms. L’utilisation du drone Zip, c’est son nom, permet de réduire le temps de livraison de 15 heures à 15 minutes, selon Zipline.

« Plus de deux milliards de personnes n’ont pas un accès adéquat aux produits médicaux essentiels, tels que le sang et les vaccins, en raison de la difficulté du terrain et des lacunes en infrastructures », explique Zipline sur son site.

En Afrique de l’Est, c’est DHL en collaboration avec le fabricant Wingcopter et l’agence de coopération internationale allemande pour le développement, qui, pendant six mois, ont testé la livraison de médicaments par drone, dans le cadre de leur projet pilote « Deliver Future ». Le DHL Parcelcopter 4.0, un petit avion-robot, qui décolle et atterrit à la verticale, était chargé de ravitailler une île du Lac Victoria, difficilement accessible (6 heures par la route, 40 minutes par drone), en médicaments et de récupérer des prélèvements pour analyses afin de les acheminer sur le continent.

Au Vanuatu, petite île du Pacifique Sud, un bébé d’1 mois est devenu le premier enfant au monde à avoir reçu un vaccin, acheminé par un drone qui a parcouru près de 40 kilomètres à travers les montagnes. Au total ce sont 13 enfants et cinq femmes enceintes qui ont pu être vaccinés sur place par une infirmière.

Les vaccins sont très difficiles à acheminer car ils doivent être transportés dans des glacières, à des températures contrôlées, ce qui n’est forcément pas évident dans des zones difficilement accessibles par la route ou même par bateau. Du fait, que ce soit au Vanuatu ou dans d’autres pays du monde, le drone représente un réel avantage en terme de capacité et temps de transport. Il permettrait à terme de répondre à des besoins de vaccins pour des milliers d’enfants.

Au Malawi, en 2016, un drone était utilisé pour le dépistage du SIDA. Dans ce pays d’Afrique, qui possède un des taux les plus élevé des cas de séropositivité au monde, la question de la rapidité de dépistage se pose évidemment.

L’usage d’un drone se révèle particulièrement efficace car il permet en effet un gain de temps considérable dans la prise en charge (prélèvement et analyse) et aussi d’économiser sur les coûts de transport par rapport aux moyens habituels.

L’assistance aux populations.

Suite à une catastrophe naturelle, un drone peut tout à fait intervenir pour le ravitaillement des personnes, en médicaments, vivres ou équipements de première nécessité.

En 2014, Google, à travers son Project Wing (programme de drones de livraison), avait déjà mis en avant ces possibilités pour ses drones.

En 2016, Madagascar s’équipait de drones à usage humanitaire pour surveiller l’île.

En 2017, en Tanzanie, l’université d’Aberystwyth au Pays de Galles s’est associée avec le programme d’élimination de la malaria de Zanzibar pour lutter contre la maladie grâce à l’utilisation de drones.

Chaque année, le paludisme (la malaria) touche 200 millions de personnes dans le monde et en tue 50.000. Cette maladie est transmise par le moustique.

Les drones inspectent les rizières à la recherche de larves de moustiques pour ainsi permettre leur élimination au plus tôt.

Le transport d’organes

La rapidité du transport, dès que l’on parle de transplantation d’organes, est cruciale.

La réussite d’une greffe dépend de plusieurs critères mais en premier lieu de la qualité du greffon… et donc de la rapidité à laquelle il est mis à disposition des équipes médicales pour l’opération du receveur.

Aujourd’hui, ce sont soit des hélicoptères soit des avions commerciaux qui sont utilisés pour transporter des organes, ce qui est long et coûteux.

L’université du Maryland a testé récemment l’une des premières livraisons de reins par drone, après trois années de recherches.

Le drone embarquait un compartiment réfrigéré équipé d’un capteur biométrique pour contrôler en permanence l’état de conservation de l’organe. Plusieurs essais ont été réalisés pour mesurer la vitesse, la distance, la qualité de conservation du rein… Ceux-ci se sont révélés concluants. Précisons que le rein en question n’a pas été transplanté, ce qui pourrait être la prochaine étape, dès 2019, lors de futurs essais.


Crédit image : Dr Joseph Scalea, université du Maryland.

Déjà en 2016, l’Inde lançait le « NP-Micav programme », dédié au transport de cœur par drone.

Des initiatives prometteuses à suivre mais qui posent pas mal de questions auxquelles nous reviendrons plus tard dans cet article.

Nous l’avons vu, plusieurs applications sont possibles et même bien réelles dans certains cas.

Rajoutons à cela que nous pouvons tout à fait imaginer des interactions futures entre les drones et les objets connectés (capteurs, montres…) pour répondre à des situations d’urgences par exemple.

Cela étant, de nombreux obstacles existent encore pour une généralisation de ces applications, notamment en Europe.

La règlementation

À ce jour, chaque pays a ses propres règles. Il n’existe pas encore de règlementation européenne. Le Parlement européen envisage néanmoins d’harmoniser la législation.

En France, la règlementation concernant le trafic aérien est très stricte et est encadrée par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), notamment pour le survol en agglomération (mais pas que !). Vous pouvez retrouver tous les détails dans un précédent article où nous évoquions justement ce sujet.

Des formations sont obligatoires, des autorisations pas toujours faciles à obtenir sont nécessaires, par conséquent à ce stade il est compliqué pour les acteurs désireux de proposer des solutions innovantes de les tester et à terme de les mettre en place.

La sécurité

Le survol des drones n’est pas toujours très bien perçu, il faut bien en convenir… Même si la technologie embarquée par les drones ne cesse d’évoluer (détection d’obstacles, retours automatiques, etc…), le risque d’accident n’est pas nul. Par conséquent, les populations restent encore prudentes vis-à-vis de ces engins volants.

Rajoutez à cela d’autres paramètres comme les conditions météorologiques, les risques de piratage (le drone est un objet connecté donc susceptible d’être intercepté), d’éventuelles erreurs de pilotage, des potentiels problèmes mécaniques, difficile pour ne pas dire impossible de garantir un risque zéro pour les biens et les personnes au sol.

La protection de la vie privée

Autre sujet sensible, à juste titre : celui de la protection de la vie privée.

Là aussi, les populations ne voient pas toujours d’un très bon œil le survol d’un drone. Celui-ci étant équipé d’une caméra peut parfaitement capter des images indiscrètes.

La loi insiste bien sur le respect de la vie privée, que ce soit pour un usage loisir ou une activité particulière (comprenez utilisation professionnelle), néanmoins difficile pour une personne au sol de faire la différence entre un drone piloté par son voisin et un drone piloté par un professionnel dans le cadre d’un transport médical par exemple.

La spécificité des produits médicaux

Outre les difficultés ci-dessus, ce point paraît certainement le plus important.

Le domaine de la santé en général et de certains « produits » médicaux en particulier (échantillons biologiques, organes…) sont soumis à des réglementations spécifiques très strictes… et heureusement me direz-vous !

D’un côté, il faut garantir la sécurité mais aussi l’état et la qualité permanente des « produits » transportés, de l’autre il faut s’assurer du secret médical et protéger les données des patients. On ne transporte pas un « produit » médical comme n’importe quel autre « produit ».

Entre possibilités & faisabilité, l’équation n’est pas si simple. En tous cas, il reste encore du chemin à parcourir. Nous allons suivre tout cela de près et nous ne manquerons pas de vous tenir informés régulièrement.

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